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267-Duo

Dernière mise à jour : mai 24

Ils sont à nouveau 2, (septembre 2020 - tronc de cèdre du Liban, Ø 17 x h 112. cm.)

J’imagine deux rubans agités comme les algues qui ondulent au gré du courant. Leurs courbes s’épousent profondément et ils seront au final, sans grande épaisseur : un couple enlacé dont le plus léger (l’élément femme…) devrait se projeter vers le ciel, soutenu par l’autre.

Je ne suis pas sure d’arriver au mouvement escompté, cet élancement vers le haut qui me parait téméraire, presque inatteignable. Je l’ai étudié en plastiline puis en argile mais le modèle s’est cassé. Je l’ai modifié en cours, il me reste beaucoup de doutes…


Pour l’instant je me délecte à instaurer leur mouvement balancé, ces gonflement qui successivement se creusent, cette alternance qui me suggère selon les moments le va et viens de l’onde sur le sable, le courant de la marée entre les rochers, ou l’enlacement de deux êtres… J’ai commencé par définir à l’extrémité supérieure comme deux têtes accolées puis j’ai fini par les évider, donnant l’impression de deux vagues qui se cognent dans un brusque ressac. Je suis étonnée d’avoir laissé dans l’incertitude leur projet de s’élancer vers le ciel, l’une soutenue par l’autre, comme si la réalisation de leur rêve pouvait se contenter d’un « peut-être ».

J’en viens à penser que l’essentiel, c’est la richesse de leur relation et que grâce à elle, une solution se trouvera pour souder leur élan ascensionnel … et si même si cela ne s’avère pas, la sculpture en sera-t-elle à jeter ? La valeur d’un geste n’est pas toujours fonction de sa réussite. Valeur et beauté ne sont pas liés… Mais qui pourra deviner, retrouver ce rêve et s’en émouvoir, s’il échoue ?

De toute façon j’arrête le travail pour plusieurs mois, temps nécessaire au séchage et à la stabilisation du bois…

Fin octobre 2020, je me suis cassé l’humérus… deux bons mois de pause forcée .....



267- (suite) mai 2021

On croirait voir un couple, enlacé pour un baiser, et pourtant, cherchez une main, une jambe, des seins… rien !

Il n’y a qu’un mouvement ondulant, qui s’approche et se retire, se gonfle pour se creuser ensuite, effleure et se détache…


Ce sont les attitudes propres à l’amour quand il s’offre tout en quémandant…














Au départ, j’aurais voulu que ces deux-là arrivent à se soutenir l’un l’autre dans une projection vers le ciel grâce à un encastrement (que je prévoyais miraculeux !) de leurs deux têtes. J’ai cherché pendant plus d’une semaine d’arriver à ce blocage, en vain, et je me suis découragée. Ce couple doit faire le deuil de son projet :

leur relation a perdu de sa prouesse... mais non de son intensité, j’ose espérer. La sculpture en a-t-elle perdu ?





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